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LE DIAGNOSTIC DIFFERENTIEL

Démarche clinique, examens complémentaires

     En l’état actuel des connaissances, le tableau clinique de trouble du langage ou des apprentissages présenté par l’enfant ne suffit pas  à poser d’emblée le diagnostic: il n’y a pas signe pathognomonique, typique, permettant d’affirmer que le trouble des apprentissages est spécifique.

     Seule une démarche clinique médicale cohérente permettra d’éliminer de nombreuses pathologies qui peuvent être à l’origine de troubles des apprentissages.

 

     Cette démarche est essentielle car elle permet de prioriser les prises en charge de l’enfant, voire de proposer un traitement de la maladie, qui améliorera par effet en cascade, les troubles des apprentissages. La voici :

 

     L’étude des antécédents familiaux et personnels de l’enfant, les examens cliniques somatiques et pédopsychiatriques (et/ou tests psychologiques de personnalité parfois) sont indispensables pour dépister une pathologie développementale chez l’enfant, pathologie qui explique à elle seule les difficultés de langage et d’apprentissage de l’enfant.

 

     Ces pathologies peuvent être :

-   des maladies génétiques connues,

-   des anomalies de la vision ou de l’audition (pathologies neurosensorielles),

-   des troubles neurologiques,

- des troubles sévères du développement de la personnalité (troubles envahissants du développement, dysharmonie évolutive de personnalité),

-  des séquelles de dépression sévère du nourrisson ou de carences sévères environnementales (absence de stimulation et/ou de sécurité affective pendant la petite enfance).

-  un retard mental global et harmonieux sans étiologie retrouvée.

 

     A l’issue des examens cliniques, si et seulement si il y a des signes d’orientation vers une pathologie étiologique, des examens complémentaires peuvent être demandés pour confirmer ou préciser le diagnostic :

- ORL : audiométrie tonale (apprécie la qualité de l’audition des sons en général) et vocale (apprécie la qualité de l’audition de la voix ), PEA (= potentiels évoqués auditifs : enregistrement électrophysiologique de la réaction du sujet aux sons), examen de la zone oropharyngée et des organes phonatoires….

- ophtalmologie : acuité visuelle, champ visuel, fond d’œil, vision des couleurs….

- orthoptie : mouvements de balayage visuel, qualité de fusion des images, contraste….

- EEG (électroencéphalogramme) : anomalies électriques sur le tracé de l’activité cérébrale du cerveau orientant vers une souffrance cérébrale localisée ou une épilepsie. On peut demander des tracés de veille avec épreuves d’hyperpnée (l’enfant est réveillé et on fait varier les mouvements respiratoires, ce qui sensibilise le test) ou des tracés de sommeil (ce qui nécessite de faire dormir l’enfant pendant l’examen).

- Imagerie cérébrale (IRM ou scanner)

- Bilan génétique (prise de sang pour l’enfant et parfois aussi pour les parents pour faire un caryotype standard ou rechercher une anomalie spécifique sur un gène)

- Bilan métabolique (recherche d’un déficit enzymatique), ou recherche d’une anomalie endocrinologique : prises de sang

 

     Malgré tout, on arrive pas toujours et loin de là, à diagnostiquer précisément en l’état actuel des connaissances, une pathologie étiologique (génétique, neurologique ou psychiatrique).

 

      Si l’examen clinique et les antécédents n’ont pas suffi à faire préciser l’état psycho-affectif de l’enfant, le pédopsychiatre ou le psychologue peut être amené à proposer aussi des tests de personnalité complémentaires (ces tests reposent pour la plupart sur l’analyse de la réaction de l’enfant, ses verbalisations et ses productions graphiques, face à des histoires, des petits jeux, ou des planches de dessins). Cela permet de mieux comprendre comment l’enfant s’est développé par rapport aux liens psychoaffectifs avec ses proches, de retrouver des signes de carences ou de dépression précoce, et de voir comment il réagit préférentiellement quand il a une angoisse à surmonter ( c’est ce qu’on appelle les mécanismes de défense psychologique).

 

     Enfin, le bilan psychologique cognitif de première intention (bilan dit ‘psychométrique’ qui peut être pratiqué en milieu scolaire) permet de situer l’enfant sur une échelle développementale étalonnée, quant à son niveau de développement intellectuel : en effet, un déficit cognitif harmonieux fera d’emblée rechercher une pathologie génétique, neurologique ou psychiatrique.

    Rappelons pour mémoire que ce bilan psychométrique n’est interprétable qu’en fonction du niveau de fonctionnement émotionnel et relationnel de l’enfant (attention aux erreurs fréquentes d’interprétation chez un enfant très inhibé, un enfant présentant un syndrome autistique, un enfant présentant un trouble majeur de la compréhension, de la vision ou de l’audition.

Par Le Duigou NellyDernière modification 26/03/2009 12:46
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